Vous vivez en France et votre appartement au Maroc reste vide une bonne partie de l’année ? Le louer peut couvrir les charges, voire rapporter. Mais les règles diffèrent selon la durée de la location, et vous aurez des obligations dans les deux pays.
Location longue durée ou courte durée
Location longue durée : la loi 67-12
Un bail d’habitation classique relève de la loi 67-12 sur les baux d’habitation et professionnels. Les points essentiels :
- Dépôt de garantie : au maximum 2 mois de loyer, à restituer dans le mois qui suit la remise des clés.
- Révision du loyer : pas d’augmentation avant 3 ans, puis 8 % au maximum pour un logement.
- Reprise du logement : le propriétaire doit justifier d’un motif valable et respecter un préavis ; une reprise pour habiter suppose notamment d’être propriétaire depuis au moins 18 mois, et elle ouvre droit à une indemnité pour le locataire.
Le guide détaillé : gestion locative au Maroc.
Location courte durée : la loi 80-14
La location à des touristes (type Airbnb) relève de la loi 80-14 relative aux établissements touristiques et autres formes d’hébergement touristique, et de son décret d’application 2-23-441 publié en 2023.
- Les hébergements prévus par la loi doivent être autorisés par l’autorité locale (réponse sous 30 jours, autorisation valable 5 ans).
- Exploiter sans autorisation expose à une amende de 50 000 à 500 000 DH (article 43).
- Les voyageurs doivent être déclarés chaque jour aux autorités.
- Zone grise : l’appartement entier loué en permanence, sans que le propriétaire y vive, n’est pas expressément nommé par les textes. Renseignez-vous auprès de l’autorité locale avant de vous lancer.
Le guide détaillé : la loi 80-14 et la location courte durée.
Les impôts au Maroc
Les loyers sont imposés au Maroc selon le Code général des impôts 2026, de la même façon pour les résidents et les non-résidents :
- Impôt sur le revenu au barème, après un abattement de 40 % des loyers bruts. Le barème 2026 va de 0 % (jusqu’à 40 000 DH de revenu imposable) à 37 %.
- Déclaration en ligne avant le 1er mars de l’année suivante.
- Retenue à la source si le locataire est une société ou un professionnel : 10 % des loyers bruts annuels sous 120 000 DH, 15 % au-delà, à déduire de votre impôt. Vous pouvez alors opter pour un taux libératoire de 20 % du loyer brut. Cette retenue ne concerne pas les voyageurs d’une location courte durée.
Exemple : un appartement loué 4 000 DH par mois, soit 48 000 DH par an. Revenu imposable après abattement : 28 800 DH, sous le seuil de 40 000 DH : pas d’impôt sur le revenu si ce sont vos seuls revenus au Maroc. La déclaration reste obligatoire.
Taxes locales : un logement loué n’est plus une habitation principale, il perd donc l’abattement de 75 % de la taxe d’habitation. Pour un bien loué, la taxe de services communaux est calculée sur le montant des loyers.
Les déclarations en France
Si vous êtes résident fiscal en France, la convention fiscale France-Maroc réserve l’imposition des loyers au Maroc (article 9). En France :
- vous déclarez les loyers en case 4EA (régime réel) ou 4EB (micro-foncier) de la déclaration 2042-C : ils ne sont pas imposés, mais servent à calculer le taux de vos autres revenus ;
- vous déclarez le compte bancaire marocain qui reçoit les loyers (formulaire 3916, amende de 1 500 € par compte oublié) ;
- pour une location meublée ou de courte durée, aucune doctrine ne précise le traitement : demandez à votre service des impôts.
Le détail, case par case : que déclarer aux impôts français.
Transférer les loyers en France
L’Instruction générale des opérations de change 2026 (articles 160 à 162) autorise les banques à transférer les loyers :
- pour un Marocain du monde, si le bien a été acheté avec des devises ;
- pour un étranger non-résident, sans limite de montant ni de durée, quel que soit le mode de financement.
Les impôts dus au Maroc sont déduits avant le transfert. La banque demande le certificat de propriété, le bail et les justificatifs du financement.
Les erreurs à éviter
- Louer un logement acheté avec Daam Sakane avant 5 ans : l’aide devient remboursable.
- Louer un logement que vous comptez revendre en exonération comme habitation principale : un logement loué perd ce statut.
- Oublier la déclaration marocaine parce que l’impôt est nul : elle reste obligatoire.
- Lancer une location courte durée sans vérifier le cadre de la loi 80-14 auprès de l’autorité locale.
- Ne pas déclarer le compte marocain en France.
Pour la gestion sur place, voir aussi notre guide des conciergeries Airbnb.
Ce guide résume les règles en vigueur au 18 octobre 2026 (lois 67-12 et 80-14, Code général des impôts 2026, Instruction des changes 2026). Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel pour votre situation.
Questions fréquentes
Comment sont imposés les loyers d'un bien au Maroc pour un propriétaire vivant en France ?
Peut-on louer son appartement au Maroc sur Airbnb en vivant en France ?
Les loyers peuvent-ils être transférés en France ?
Peut-on louer un logement acheté avec Daam Sakane ?
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